Dernière minute… de dernière minute ! Compte tenu des conditions climatiques, cet évènement est reporté au 5 septembre 2026.
Serge Utgé-Royo participera le samedi 27 juin à la journée de rencontres et débats
de la librairie Quilombo (23, rue Voltaire, Paris 11e, métro Nation),
autour du quatre-vingt-dixième anniversaire de Juillet 1936.
Il interviendra vers 19 h : L’art pour se rappeler : Hélios Gomez & Serge Utgé-Royo
Avec Caroline Mignot, de l’association Mémoire Graphique-Hélios Gomez & Serge Utgé-Royo, chanteur
Que ce soit à travers la peinture, la gravure, la littérature ou encore la chanson, les vaincus de guerre d’Espagne
ont maintenu vivace la mémoire d’un conflit sans précédent. Malgré la terrible défaite face à Franco,
de nombreux artistes, réfugiés ou non, ont pu défier l’ordre établi et partagé leur histoire…
À 20 h, auberge espagnole
À 21 h, concert CORO SALVAJE ! Créée pour les 150 ans de la Commune de Paris, la chorale des Brigades Louise Michel
vient chanter des chansons de et sur la guerre d’Espagne et le mouvement révolutionnaire espagnol !
Résonneront entre autres Juillet 1936 et Amis, dessous la cendre...
Mais que fait-il donc ?
Serge Utgé-Royo se consacre à présent à l’écriture.
Il vient de terminer plusieurs romans, commencés il y a quelques années, mais que les tournées et autres activités chansonnières avaient privés de développement et de fin.
Ces romans sont actuellement en lecture chez plusieurs éditeurs… À suivre, donc !
Un nuage espagnol
Celles et ceux qui le suivaient sur scène ne seront pas surpris d’apprendre que ce roman est historique. Il débute en février 1939 et s’achève en juin 1945. Serge y met en scène « un anarchiste catalan, une socialiste de Castille », une poignée d’Espagnol(e)s, un Cubain et quelques Français(e)s, qui ont « dans le crâne de drôles d’idées » de liberté, d’amour et de paix…
« Février 1939. La nouvelle Espagne vomit ses enfants, qui voguent vers l’Algérie ou passent la frontière française à pied pour chercher la protection des cousins de Quatre-vingt-neuf…
Mal leur en prend : les Gaulois sont revêches et méprisants. En septembre, au lendemain de séjours dantesques dans les camps de France, les Ibères deviennent brusquement
des utilités : la Guerre mondiale s’annonce… Certains des exilés se voient proposer la Légion étrangère… Nando le Cubain, combattant antinazi, court les déserts et les dunes
africaines dans la force « L » de Leclerc, tandis que Salvador roule de cache en cache jusqu’à rencontrer des résistants libertaires. Antonio, lui, après avoir faussé compagnie aux gardiens
du Stalag 192 de Laon et évité les bienfaits du consulat franquiste, erre dans Paris et tâche de ne pas trop rencontrer les humains de la Collaboration. L’amour tâchera de trouver une place
dans les méandres de l’Occupation et de la lutte clandestine. Antonio, très peu militaire, se brisera le dos sur le tarmac de Villacoublay : les trous d’obus alliés, comblés le jour et vidés la nuit,
empêcheront les avions allemands de rouler trop tranquillement sur les pistes. Ici aussi, les petites mains étaient espagnoles… Après la bataille de Normandie, Nando et Canario
pénètreront, avec les Espingoins de la Nueve (9e compagnie d’un régiment de marche du Tchad, 2e DB), au cœur de Paris, le soir du 24 août 1944 : les Parisiennes les prendront pour
des libérateurs américains ! Ils iront ensuite délivrer Strasbourg et monteront jusqu’au nid d’aigle dévasté de Hitler.
Pour une bonne partie d’entre eux, ces personnages ont existé (Antonio, Valentin, Maruja, Agosti, May Picqueray, le consul mexicain Bosques, Celestino Alfonso,
Melich, Raymond Dronne, Granell, le chasseur franquiste Urraca, le surveillant chilien Neruda, l’assassin Raoul Villain…), et leurs actions ont, souvent, bel et bien eu lieu.
D’autres (Nando le Cubain, Salvador, Canario, Mira, Théo, Violeta…) sont l’amalgame de modestes acteurs et actrices que l’histoire a un peu oubliés – les Espagnols
de la 2e DB ou des résistantes et résistants simples et discrets… »
Les enfants de l’apothicaire
L’action principale de ce roman, ébauché il y a quelques années, se situe à Liège, la Cité ardente…
« C’était au détour du siècle – et même du millénaire, ce qui est fort rare dans l’histoire des bêtes et des gens… Il était une fois, dans la belle ville de Liège en Wallonie,
une respectable et assez fortunée tribu de pharmaciens. Le pater familias avait deux fils et une fille, de trois compagnes différentes. Paul-Henri, troisième de la fratrie
et benjamin tout à fait légitime, était beau comme un portrait, fat, cynique et plus méchant qu’un soudard du tercio español (la mère descendait d’une tribu franquiste
attardée ; elle vivait persuadée que son rejeton était une sorte de prince d’Espagne). Et c’est par ce jeune homme que la diablerie allait dynamiter l’ordre établi.
Autant le fils aîné et la fille de l’apothicaire paraissaient « normaux », autant l’héritier doré devait déraper et ruer dans les brancards de la fragile et trop honnête
petite humanité familiale.
Les histoires de ces membres de la cellule bourgeoise vont s’entremêler et s’écarter à la fois d’une trajectoire pourtant tracée par le pater familias.
La tante, folle d’une belle folie, les enfants – hormis le prince – d’une belle humanité, le père pharmacien d’une pauvre rigidité naïve, quelques habitants de la région…
Tous ces humains vont jouer une comédie tragique, comique et parfois policière, avec, en toile de fond, Liège, ses artères, ses sujets et son palais millénaire des Princes-Évêques,
les brumes côtières du Brabant septentrional des Pays-Bas et une cavalcade par les routes menant à Charenton, en banlieue parisienne…»
À Balse…
On pourrait présenter ce troisième roman ainsi…
« Dans l’une des régions subalternes du pouvoir central parisien, la Méditerranée borde la terre à l’Est et la montagne des Pyrénées le fait, elle, au Sud.
C’est un hasard de la géologie, rien de plus que les régions voisines, mais rien de moins. Des hameaux, des villages et de grandes cités abritent
d’autres grandes quantités de femmes, d’hommes et d’animaux… Rien d’important mais rien de plus beau… Et c’est dans un de ces petits villages
que je vous invite à passer quelques mois de printemps et d’été… J’ai connu quelques gens de bien parmi les femmes et les hommes qui joueront ici leur
partition et j’en ai imaginés dont j’ai emprunté les traits de caractère, les trognes ou les actes à de vraies belles personnes ou de vrais forbans…
En clair, pardonnez ces vols de personnalités, mais c’est la vérité puisque je l’ai écrite…
Avec le temps, quelques misérables sauvages de ce siècle aux rictus peu fraternels tentent de replanter les pensées du rejet de l’autre… La terre si belle
de cette petite partie de la planète résiste comme elle le peut au désir de la haine… La terre s’en moque, le soleil aussi, mais la mémoire s’efface
comme un beau dessin sur les plages d’Argelès… À Balse, la campagne électorale frémit : il s’agit de désigner les futures et futurs gestionnaires de la municipalité…»
Ces activités n’empêchent pas Serge Utgé-Royo de continuer à fournir des nouvelles aux éditions du Caïman.
Le nouveau recueil Pour toujours les camarades, paru au printemps 2026 célèbre le Front populaire tout autant que le Frente popular de 1936… pour des lendemains qui auraient dû chanter !
C’est beaucoup plus rarement que l’on retrouve Serge sur une scène, où il fait pourtant des participations amicales exceptionnelles (soutien à Julian Assange à Paris, cabaret Fassotte à Liège, aux côtés du Mrap ou d’Amnesty international…).
Autant que son souffle le lui permettra, il en fera encore…
En attendant, on peut écouter ses disques, lire ses écrits, le croiser au hasard d’un chemin ou d’un salon du livre…
On peut entendre ses chansons, reprises par de nombreuses chorales et de multiples chœurs de France et de Belgique… Et si l’on se balade sur la toile, on trouvera au détour d’un « tube » ou d’un lien, la captation d’un de ses spectacles ou bien une interprétation originale, assez proche ou plus lointaine, de l’un de ses couplets…
Enfin, on est libre de chanter, seul ou en groupe, pour soi ou à tue-tête !
» Amis, dessous la cendre, le feu va tout brûler. La nuit pourrait descendre dessus nos amitiés… »
« Juillet 1936, dans les casernes catalanes… »
« Si de chaque goutte de sang, versée par un enfant, jaillissait un coquelicot… La Terre ne serait plus bientôt qu’une énorme boule rouge, una enorme bola roja…
« Un anarchiste catalan, une socialo de Castille sont venus faire leurs enfants à quelques pas de la Bastille… »
« Compagnons de rimes et de notes… »
Et tant d’autres refrains, qui ne sont peut-être pas que du vent… Allez… c’est À VOUS !
Merci à toutes celles et tous ceux qui se sont manifesté. Sachez bien qu’un petit mot, un petit signe d’amitié sont toujours bienvenus.
Billet d’humeur…
Une maladie hideuse et millénaire…
Cette population, dans le pays de France, qui suit aveuglément, avec une joie absurde, sadique et cynique,
les hommes et les femmes qui utilisent l’anathème, la malédiction,
l’accusation contre de prétendues « hordes étrangères envahissantes »
– qui tentent désespérément de trouver la vie et la survie sur le sol libre français et-ou européen…
Ces êtres perdus et gonflés de haine, de mépris et de désir d’excommunication
sont les descendants, les cousins germains, les ancêtres
de ceux et celles qui tressaillaient de bonheur diabolique
au pied des estrades des bourreaux, lorsque l’on martyrisait, démembrait et tuait
les malheureux et malheureuses condamnés des époques obscurantistes
des sociétés passées… et parfois encore à passer et disparaître.
Cette population qui demande l’expulsion des plus précaires hors de nos havres de paix est malade…
Cette maladie s’appelle le racisme, la xénophobie et la haine ordinaire, ignorante et imbécile…
Elle est hideuse et millénaire.
Ceux et celles qui la manipulent sont semblables
aux fous de dieux d’hier et aux seigneurs féodaux qui les utilisaient.
J’attends une Renaissance de culture nouvelle, une Révolution fraternelle nouvelle,
un Conseil de la Résistance nouveau, une exaltation de la vie, du partage et de la fraternité.
C’est beaucoup espérer ; c’est peu demander.
(Serge Utgé-Royo, à Paris, octobre 2024)
Lire un autre billet d’humeur (2020). Quelque part en pays d’abondance
Le dire en chantant… Tous les disques sont disponibles sur ce site
Dans une pochette cartonnée 3 volets, 2 CD, 23 chansons, 1 h 40 de musique et de mots, un livret de 40 pages…

Des chansons récentes créées par le trio (La longue mémoire, Comme un coquelicot la révolte…), d’autres plus anciennes revisitées par Serge pour le texte (Tout le sang du monde 2020) et par le trio pour l’orchestration (Juillet 1936, Il a tant plu…), quelques reprises signées Jacques Brel (Jaurès), Boris Vian (À tous les enfants), Léo Ferré (Flamenco de Paris), Albert Vidalie et Stéphane Golmann (Actualités)… Et vos voix mêlées, vous qui aviez pu nous rejoindre au Triton en cette fin d’hiver -2020- sans Covid, reprenant avec Serge, Amis, dessous la cendre…
Le trio Utgé-Royo
Serge Utgé-Royo, Léo Nissim & Jean My Truong, compagnons de musique et de scène, croisent leurs histoires et mêlent leurs racines d’exils, leurs mots et leurs notes, leurs souvenirs et leurs influences, hispaniques, latines, orientales, leurs inspirations aux accents et aux rythmes jazz ou blues, latinos ou classiques, traditionnels ou contemporains… Des musiques simples et riches, mélodieuses et orchestrées pour mieux servir le verbe, souligner les mots, partager leurs révoltes, leurs sourires, leur amour de la vie et des humains et humaines, autant que leur espoirs têtus, envers et contre tout…
Écouter la chanson
Tout le sang du monde (version 2020)
Voir la vidéo