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Des textes de chansons

Plusieurs ami(e)s internautes demandent des textes de chansons...
En attendant mieux (partitions et sons), en voici un petit choix (tout à fait arbitraire, note de la claviste!).

(Textes et musiques : Serge Utgé-Royo, sauf mentions contraires)

Des hivers qui durent douze mois
(Paroles et musique Serge Utgé-Royo)

Il existe des murs d'importance,
abritant des palais imposants,
où s'engouffrent des vents immobiles,
où ne pénètre jamais le froid.

Il existe des gens sans conscience
qui signent des décrets malfaisants
et radotent des lois imbéciles
qui balaient la raison et le droit.

Il existe des lieux d'insolence,
à l'abri des gueux et des perdants,
où s'ébattent des princes futiles,
brûlant des fortunes dans la joie.

Il existe, dans la douce France,
de la mort au milieu des vivants,
du désert au mitan de la ville,
des hivers qui durent douze mois.

J'ai vu des regards sans existence,
des fantômes qui trompent le temps,
des humains aux gestes malhabiles
qui mendient devant les cinémas.

Tout un peuple garde le silence,
mais le vacarme est assourdissant;
la détresse, sans cesse, défile
et se blottit sous le moindre toit.

Il existe des murs d'importance,
abritant des palais imposants,
où s'engouffrent des vents immobiles,
où ne pénètre jamais le froid.

Il existe, dans la douce France,
de la mort au milieu des vivants,
du désert au mitan de la ville,
des hivers qui durent douze mois.

Les diamants de l'été
(Paroles : Serge Utgé-Royo / Musique : Serge Utgé-Royo, d'après un thème du folklore catalan)

Le chant des exilés
a de tristes accords,
par-dessus la frontière...
Des rires étrangers
se moquent de la mort
et font le tour de la Terre.

Les pierres du chemin
sont comme des diamants
qui brillent dans la nuit d'été...
Mais, au creux de la main,
elles mordent jusqu'au sang
et laissent les doigts déchirés.

Malgré le temps passé,
je chante pour demain,
en regardant l'humanité...
Les diamants de l'été
balisent les chemins
que caresse la liberté.
Les diamants de l'été
balisent les chemins
que caressera la liberté.



Etoiles blafardes de mai
(Paroles : Serge Utgé-Royo - Musique : Jacques-Ivan duchesne)

Claque la décharge,
au bout de la rue,
vers la barricade
contre notre ennui...

Et prennent le large
des lutins perdus,
étoiles blafardes,
filant dans Paris.

La police grise
qui cogne au hasard
et gaze la lune
qui ne s'éteint pas...

Le temps des cerises
venant chaque soir
planter la Commune
qui ne pousse pas...

(Refrain)
L'espoir se rhabille
dans le jour qui vient,
de pavés qui dansent
sous les réverbères...

Du fond de la ville,
quartier Saint-Germain,
les idées se lancent
dans les courants d'air...

Et Mao somnole

dans ses draps mouillés
Trotski le repousse :
ils sont ivres-morts...

Et moi je rigole
sous mon poing levé;
Bakounine tousse
et il se rendort...

C'était une fête
un hymne au printemps,
un chant d'impatience,
d'amour imparfait...

Jeunesse défaite
Riant de l'argent
avec insolence
sous le mois de mai.

Refrain...

Compagnons de rimes et de notes
(Paroles Serge Utgé-Royo, musique J.-I. Duchesne)

Compagnons de rimes et de notes,
nous avons cheminé bien longtemps.
Notre rêve est passé sous les portes
et voyage sur l'aile du vent...

Nous avons caressé des guitares
qui se sont succédé sous nos doigts,
en soufflant une plainte bizarre,
comme une tendresse dans la voix...

Quelques-uns reprenaient nos ballades
-nos espoirs de bonne qualité-
et nous terminions la promenade
par les rues endormies des cités.

Sans souci de la caste blafarde
qui voudrait contrôler nos chemins,
nous avons troussé dans nos mansardes,
malgré tout, d'assez jolis refrains.

Si les mots qui sortaient de nos bouches
salissaient un peu trop l'horizon,
la musique savait des retouches
qui rendaient possibles nos chansons...

Nous cachons, au creux de nos mémoires,
des instants merveilleux d'émotion,
au milieu de combats dérisoires
et malgré la pâleur des lampions.

Nous avons ri au nez de la gloire,
planté un bras d'honneur aux marchands...
Maintenant que sourient nos histoires,
qu'il est bon d'être restés vivants.

Compagnons de rimes et de notes,
nous avons cheminé bien longtemps.
Notre rêve est passé sous les portes
et voyage sur l'aile du vent...

Cinq cents hivers
(Paroles Serge Utgé-Royo, musique J.-I. Duchesne)

Et que me sert de dire
que tu avais raison,
Indien de ma mémoire ?

Tu parlais de la Terre,
ta mère (nourricière),
que le Blanc convoitait...

On ne croit pas au pire,
on apprend la chanson
qui sera notre Histoire :

Fandango de la guerre,
berceuse pour l'enfer
et musées pour la paix...

Comme un vol de couteaux traversant l'Atlantique,
de funèbres galions se sont plantés au Sud.
Les soldats calibrés au modèle catholique
n'ont pas su remercier l'Indien agenouillé...

Les chevaux espagnols ont imprimé la peur;
les cuirasses d'acier, la rage et les épées
ont détruit le présent et fermé l'avenir.
Depuis, le soleil a baissé un peu d'intensité...

Indien, mon frère,
cinq cents hivers
ont recouvert
tes chants sacrés.

Des rois, des reines,
des mercenaires
et des curés
t'ont crucifié.

Les clans et les tribus groupés dans les Nations
vivaient dans le respect de notre Terre nourricière.
Mais la foudre est venue, vomie par les canons;
de nouveaux conquérants ont dévoré le Nord.

De défaite en réserve, les vrais Américains
ont perdu leur espoir et refermé leur esprit.
Piétinée lentement par les Européens,
le fierté des survivants a sombré dedans la nuit.

Indien, mon frère,
cinq cents hivers
ont recouvert
tes chants sacrés.

Des rois, des reines,
des mercenaires
et des curés
t'ont crucifié.

Indien, mon frère,
cinq cents hivers...


Une énorme boule rouge
(Paroles : Victor Simal et Serge Utgé-Royo, musique Serge Utgé-Royo)

Si de chaque goutte de sang
versée par un enfant
jaillissait un coquelicot,
la Terre ne serait plus bientôt
qu'une énorme boule rouge
rouge, rouge, rouge, rouge....

Rouge comme la honte
qui devrait empourprer nos visages
si nous avions le courage
de nous regarder, de nous voir...
quand nous passons devant un miroir.

Si de cada gota de sang
vessada per l'infant
brollès una rosella,
la Terra, prompte, esdevindria
una enorme bola roja...



Pardon si vous avez mal à votre espagne
(Paroles et musique Serge Utgé-Royo)

Juillet mil neuf cent trente six...
Dans les casernes catalanes,
La mort bute sur les milices
Et le peuple compte ses armes...
Dans les villages et les hameaux,
Les paysans groupent les terres
En un seul et riche morceau.
Et passe le vent libertaire...

Je pense à vous, vieux compagnons
Dont la jeunesse est à la douane,
Et pardonnez si ma chanson
Vous refait mal à votre Espagne...
Mais j'ai besoin de vous apprendre,
J'ai envie de vous ressembler...
Je gueulerai pour qu'on entende
Ce que vous m'avez enseigné...

Donne-moi ta main, camarade;
Prête-moi ton coeur, compagnon;
Nous referons les barricades...
Et la vie, nous la gagnerons !


A quelques heures de Barcelone
Se sont groupés les menuisiers;
Et sans patrons tout refonctionne :
On sourit dans les ateliers.
Sur la place de la mairie
Qu'on a changée en maternelle,
Des femmes ont pris la blanchisserie
Et sortent le linge au soleil.

Donne-moi ta main, camarade;
Prête-moi ton coeur, compagnon;
Nous referons les barricades,
Comme hier : la Confédération ...

Tandis que quelques militaires
Font leur métier de matador,
Des ouvriers, des ouvrières
Détruisent une prison d'abord...
Là-bas, c'est la Mort qui s'avance
Tandis qu'ici - Ah Madame ! - c'est l'Anarchie...
La liberté dans l'espérance,
Ils ont osé la vivre aussi...

Dame tu mano, companero;
Y prestame tu corazon.
Barricadas levantaremos,
Como ayer la Confederacion...


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